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La
connaissance du milieu associatif en France :
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Partie rédigée en partie grâce au livre "Cent
ans de vie associative" Jean-Michel BELORGEY - Conseiller
d'Etat et président de la Mission interministérielle
pour la célébration du centenaire de la loi du 1er
juillet 1901 Editions "Presse de Sciences Po" - Novembre
2000 .
D'après
le CNVA (Conseil National de la Vie Associative),
sont actuellement recensées en France environ
700 à 750 000 associations concernant environ
30 % de la population française. Certains auteurs
parlent d'un million : tout dépend de ce qui
est inclut dans le champ du recensement, dont aucune
donnée statistique ne permet d'apprécier
si elles sont actives ou en état d'hibernation,
ce qui pourrait être le cas de 20 % d'entre
elles.
Les chiffres avancés pour le début
du siècle se situent entre 50.000 et 90.000.
On dénombrait en général, à
cette époque, comme associatifs des regroupements
(syndicaux, coopératifs et mutualistes) qu'on
tend fréquemment, aujourd'hui, à décompter
à part. On n'y comptait pas les Eglises.
La natalité associative a elle-même
connu un prodigieux essor. Elle a plus que doublé
dans le dernier quart du siècle et approche
actuellement les 10 % par an (70.000 par an contre
5.000 en 1908, 10.000 en 1937, chiffre qu'on ne retrouve
qu'au début des années 1960, 40.000
en 1992).
Toutefois, la création annuelle d'associations
est un indicateur grossier du dynamisme associatif
car de nombreuses associations nouvelles ne sont pas
durables. Rien en garantit, naturellement, la longévité
des associations créées. Aucun système
de mesure de la mortalité associative ne permet
de rendre compte de celle-ci, et différentes
exploitations sectorielles incitent à diagnostiquer
une sensible diminution de l'espérance de vie
des associations nées au cours de la période
la plus récente.
L'emploi associatif a lui aussi crû au fil
des temps dans des proportions importantes. Il y aurait,
aujourd'hui, 1,2 million de salariés d'associations
ce qui représente près de 9 % des emplois
salariés déclarés à l'UNEDIC
et un peu plus de 6 % de l'emploi salarié total,
et fait du secteur associatif un des premiers employeurs
en France. Mieux, un des premiers créateurs
d'emplois, car, tandis que le nombre d'emplois dans
le secteur agricole, industriel et du bâtiment,
n'a, au cours des trente années de la fin du
20ème siècle, cessé de diminuer,
l'emploi dans les services marchands et non-marchands
a crû dans des proportions considérables,
et le secteur associatif ou, plus largement le secteur
des activités à but non lucratif a pris
une part importante de cette croissance.
La forme associative accueille des initiatives dans
les domaines les plus divers, de la défense
des intérêts professionnels et de l'action
sanitaire et sociale au sport et à la culture,
en passant par l'éducation et la formation,
la défense de l'environnement, celles des libertés
en général, ou d'une catégorie
particulière de libertés.
Pour répertorier l'ensembles des associations
par type d'activités, plusieurs classifications
co-existent en France :
Le programme
Johns Hopkins
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Les
autres classifications françaises existantes :
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Avant
la mise en place de ce travail de comparaison internationale
du secteur non lucratif (l'application à la
France de la classification ICNPO du programme Johns),
notre pays disposait déjà de plusieurs
classifications des associations. La plus courante
mêle un critère d'activité (santé,
aide sociale, formation, culture, sports) et un critère
de nature des bénéficiaires (jeunesse
et éducation populaire, tourisme social) (Canto
1988).
La classification Derurelle (1984), utilisée
dans certaines enquêtes de l'INSEE (Institut
National de la Statistique et des Etudes Economiques)
adopte le critère du ministère de tutelle
et repose donc sur la nomenclature fonctionnelle des
administrations publiques.
En 1990, un rapport de l'INSEE faisait apparaître
entre les différents domaines la répartition
suivante par type d'activité des associations
:
· Activités sportives
: 24,5 %
· Culture, tourisme, loisirs : 23 %
· Action sanitaire et sociale : 16,5 %
· Vie sociale : 9,5 %
· Habitat et environnement : 9,5 %
· Education et formation : 8,5 %
· Service aux entreprises : 8,5 % |
Mais le fichier SIRENE, à partir duquel l'INSEE
mesure la démographie associative, ne répertorie
pas toutes les associations. Il prend en compte seulement
celles qui emploient au moins un salarié, ou
sont assujetties à un impôt ou à
une taxe, ou sollicitent spontanément leur
immatriculation.
Des progrès sont donc à accomplir dans
la connaissance du milieu associatif. C'est ce à
quoi devraient permettre de parvenir : la création,
sur le modèle de l'Observatoire de la pauvreté
d'un Observatoire de la vie associative ; le développement
de programmes de recherches, d'ores et déjà
abondants, sous l'égide de la Mission d'information
et de recherche du ministère chargé
des Affaires Sociales (MIRE), du Plan urbanisme construction
architecture (PUCA), et sur de financements de provenance
diverse (Fonds de développement de la vie associative,
FNDVA, Délégation à l'innovation
sociale, DIESS).
La typologie de l'INSEE n'étant pas idéale,
il est intéressant de se référer
également, en attendant mieux, à celle
retenue par Edith ARCHAMBAULT. Elle ne concerne que
le secteur sans but lucratif, qui n'inclut pas toutes
les associations, mais comprend, en revanche, les
fondations, les établissements sanitaires et
sociaux gérés par les mutuelles et certaines
coopératives.
Elle présente l'avantage de mettre en évidence
la distribution du secteur à but non lucratif
par nombre d'organisations (en % pour 1995) :
· Culture et loisirs :
41,6 %
· Education et recherche : 15,7 %
· Santé : 2,4 %
· Services sociaux : 20,7 % |
| Sous-Total = 80,4
% |
· Environnement : 3,2 %
· Développement et logement : 3,8
%
· Associations à vocation civique
et de défense : 6,1 %
· Associations philanthropiques : 0 %
· Activités internationales : 0,4
%
· Associations professionnelles, unions
: 6,1 % |
Sous-Total = 19,6 %
Total = 100 % |
Par ailleurs, le Ministère de l'Intérieur, chargé
du suivi des associations dans le cadre de la loi
de 1901, dispose, en lien avec l'informatisation des
services, d'une nomenclature "expérimentale" sous
forme de 18 catégories déclinées en sous-catégories
plus détaillées :
· 010000 Armée
· 020000 Sport
· 030000 Défense et promotion d'intérêts
communs
· 040000 Economie
· 050000 Santé : domaine médical
· 060000 Social : entraide, assistance
envers des catégories de personnes
· 070000 Education
· 080000 Culture et science
· 090000 Mass-média
· 100000 Religion
· 110000 Politique
· 120000 Environnement, écologie
· 130000 Loisirs
· 140000 Arts
· 150000 Famille
· 160000 Transport
· 170000 Sécurité
· 180000 Hommages publics et récompenses |
La déclaration d'une association donne lieu
à une insertion au Journal Officiel. Sur cette
base, dans chaque département, sont tenus autant
de fichiers que d'arrondissements. Il existe donc
en France 339 fichiers (pour l'ensemble du territoire
français c'est-à-dire la France métropolitaine
+ les Dom-Tom).
Certains sont informatisés et utilisent -
mais pas toujours - la nomenclature du Ministère
de l'Intérieur. Les autres sont des fichiers
manuels sans nomenclature. Ces fichiers sont destinés
au suivi des associations et non pas à une
connaissance statistique fine.
Par ailleurs, chaque ministère gère
la relation avec les associations de son secteur en
fonction de sa propre histoire. Entre autres, il existe
dans plusieurs ministères des procédures
visant à délivrer un agrément
ou une habilitation, forme de relation privilégiée
entre l'administration et une association.
Ce principe ne résulte pas d'un texte législatif
général mais de textes législatifs
ou réglementaires particuliers. La loi de 1901,
en effet, prévoit 3 catégories d'associations
:
Il s'agit là de catégories s'appliquant
aux associations quel que soit leur domaine d'intervention.
Au contraire, l'agrément introduit une classification
sectorielle consacrant officiellement la relation
entre associations et pouvoirs publics dans des domaines
relevant de compétences particulières
des différents départements ministériels
concernés.
Selon les ministères, les effets de l'agrément
(ou autres appellations) sont divers :
· possibilité d'obtenir une subvention
(Jeunesse Education Populaire, Sports),
· autorisation de se porter partie civile pour
défendre l'intérêt général
(consommation, environnement),
· autorisation d'ouverture d'établissements
(secteur sanitaire et social).
Plus d'informations sur l'agrément
au Ministère de la Jeunesse et des Sports
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