Partie rédigée en reprenant de larges extraits
du livre
"Le secteur sans but lucratif" Edith ARCHAMBAULT -
Edition Economica - Juin 1996.
La
crise économique et l'augmentation des déficits
publics ont favorisé un profond réexamen
du rôle de l'Etat dans la plupart des pays du
monde industrialisé. Celui-ci semble de moins
en moins capable de faire face seul aux défis
étroitement liés à la persistance
du chômage, des nouvelles formes de pauvreté,
de la dégradation de l'environnement et du
changement social.
Cette situation a permis d'attirer l'attention sur
un ensemble d'organisations qui apportent depuis longtemps
une contribution importante à la solution des
problèmes humains dans le monde, mais qui ont
été longtemps négligées
lors de l'élaboration des politiques sociales
: les organisations privées sans but lucratif.
Ce contexte offre aussi de nouvelles pistes à
l'initiative privée, et des responsabilités
nouvelles aux organisations sans but lucratif pour
répondre à des besoins en forte croissance.
Nous assistons aujourd'hui dans de nombreux pays
à un extraordinaire foisonnement de la vie
associative et à l'émergence de formes
nouvelles d'action civique dans toutes les régions
du globe. Cependant, les attentes que suscitent ces
organisations ne sont pas fondées sur une analyse
claire de leurs caractéristiques et de leurs
potentialités. Bien au contraire, leur importance
économique et sociale contraste avec leur méconnaissance
dans bien des pays.
Le programme
Johns Hopkins de comparaison internationale du
secteur sans but lucratif part de ces deux constats
: partout dans le monde existent des organisations
sans but lucratif aux formes juridiques proches (associations,
fondations, mutuelles...) et qui oeuvrent dans les
mêmes domaines (santé, éducation,
services sociaux, culture et loisirs, environnement,
défense des droits, développement local,
action internationale...).
Partout cependant, la connaissance statistique de
ce secteur est faible, voire nulle, car les quelques
études existantes s'appuyaient sur des méthodologies
difficilement transposables.
C'est pour combler ces lacunes que le programme Johns
Hopkins a été lancé en mai 1990.
Il constitue la première grande étude
scientifique dans une perspective comparative internationale.
Levant le voile sur un monde longtemps négligé
des statistiques officielles, il présente les
organisations sans but lucratif comme des vecteurs
de sociabilité et des instruments du changement
social mais également comme des acteurs économiques
essentiels, capables de répondre aux besoins
sociaux en émergence, de faire face à
des questions graves de société et de
créer des emplois dans les pays où l'intervention
publique a montré dans bien des cas ses limites.